Chambre 108 – Théâtre des deux rives de Charenton

Chambre 108 - Théâtre deux rives Charenton

La chambre 108, quand on est gravement malade, c’est la dernière chambre qu’on est tous amenés à connaître.
C’est la chambre où l’on se retrouve confronté à soi-même et où, en même temps, on est obligés de cohabiter avec des locataires dans les mêmes draps et le même pyjama que vous.
C’est la chambre où son destin se retrouve fixé aux trop brèves visites du médecin et des infirmières.
La chambre où l’on risque de finir sa vie et celle où Charles Renoir, subitement diagnostiqué d’une tumeur au pancréas, va atterrir aux côtés de René Bertillon, vieillard aigris et reclus, habitué depuis trop longtemps des couloirs d’hôpitaux…

Cette chambre, le spectateur va aussi en faire partie grâce à l’habile mise en scène de Bruno Bernardin. Avec cette scène encadrée par d’épais rideaux et un subtil jeu de lumières, le public a vraiment l’impression de découvrir en même temps que les protagonistes cette chambre isolée de l’hôpital. Et à mesure que le récit se rapproche du coeur des personnages, les lits bougent légèrement de place comme pour immiscer de façon invisible le spectateur dans ce huis clos clinique qui se dessine peu à peu.

Le long d’une écriture à la fois tendre et cynique, les personnages, confrontés à eux-même, vont se révéler jusque dans leurs moindres contradictions. Dans le face à face qui oppose les deux patients face à la maladie, Hervé Masquelier incarne de façon convaincante un René Bertillon aussi pénible qu’attachant dont la solitude ne peut que finir par émouvoir. Et même le cliché de l’infirmière en apparence décérébrée joué par Isabelle Rougerie finit par révéler ses failles et sa fragilité lors d’une touchante scène avec Charles Renoir (Jean-David Stepler).

On regrettera juste quelques problèmes de rythme dans la pièce de Gérald Aubert, comme une première partie trop occupée par l’envahissant Bertillon, et une fin trop ouverte pour faire de ce texte un huis clos abouti. Mais en matière d’introspection humaine et intimiste, cette chambre 108 reste très agréable à visiter.

Chambre 108
Théâtre des deux rives de Charenton
Jusqu’au 24 Février 2013
Du mercredi au samedi à 20h30
Le dimanche à 17h

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