Interview de Chloé Chevalier, scénariste des « Etudes pour un paysage amoureux ».

Le temps d’un film, six héroïnes dignes d’une toile du 17ème siècle prennent vie et se confient sur les affres de la condition féminine de cette époque.
Ca s’appelle Etudes pour un paysage amoureux et c’est l’un des tous premiers films aboutis de la jeune association de cinéastes des Films d’argile diffusé pendant deux semaines au Cinéma St André des arts.
Chloé Chevalier, scénariste du film et membre fondatrice de l’association revient sur le montage du projet et trace les premières perspectives de ce collectif naissant sur qui, on l’espère, on pourra compter dans les années à venir !

Chloé Chevalier

A l’origine de l’aventure des Etudes pour un paysage amoureux , il y a celle des Films d’argile, peux tu nous en dire un peu plus ?
C’est une associations de jeunes étudiants de cinéma fondée en 2008 par Clément Schneider, réalisateur du film, et moi-même, à l’issue de nos études à Ciné-Sup, la classe préparatoire de Nantes.
Avant les Etudes…, nous avons réalisé trois précédents films dans la même lignée, telle qu’ une adaptation des Petites filles modèles de la Comtesse de Ségur. J’ai moi-même dirigé un long métrage intitulé Les instincts faunes. Nous nous plaisons particulièrement dans le genre historique car, au-delà du gout pour le déguisement et les décors médiévaux, il permet de tisser de belles métaphores de notre société actuelle. C’est plus difficile d’avoir du recul dans un film contemporain. L’association a pris de l’ampleur au fil des années et nous souhaitions vraiment que ce quatrième film soit plus conséquent et serve de vitrine à notre association. Il risque d’ailleurs de devenir le premier d’une longue série.

Etudes pour un paysage amoureuxQu’avais tu envie d’écrire précisément dans ce cadre du 17ème siècle ?
Ce film est effectivement né de plusieurs envies : celle d’utiliser les décors de la Saône-et-Loire que nous connaissons bien et celle de composer un film choral avec des héroïnes qui représentent les archétypes de cette société pour permettre de développer d’autres histoires avec des personnages annexes. Cela permettait d’avoir un ton assez flottant et léger, d’où la déclinaison du film sur différents tableaux. Au départ on comptait profiter du labyrinthe du château de Cormatin, mais ça n’a pas pu se faire. Nous avons donc repensé le projet qui alors devenu une préquelle du film que nous voulions faire à l’origine.
Pour écrire le scénario, je n’ai pas eu besoin de référence précise car je suis baigné du langage de cette époque par mes lectures. Au niveau des dialogues, il s’agissait de créer une langue à mi chemin entre la syntaxe de l’époque avec une teinte de modernité, car la transposition fidèle peut s’avérer vaine. Le propos sur la condition féminine est venu plus tard, au fil de l’écriture. En même temps, quand on écrit sur cette époque, ça me parait incontournable d’aborder ce sujet. En plus d’apporter la couleur du film et son rythme, Clément a par la suite étoffé pas mal de dialogues. Au final, difficile de distinguer quelle réplique est de lui ou de moi.

Etudes pour un paysage amoureuxParmi tes héroïnes, quelles sont celles qui te représentent le plus ?
Je citerai assez facilement celles qui incarnent un peu les deux grandes forces du film: Armande pour son côté passionné et révolté, et Diane, plus froide et plus raisonnée, mais à qui on doit peut-être l’une des répliques centrales du long-métrage: « On n’échappe pas, sans dommages, au néant d’une vie de femmes. »
Je sais aussi celles avec qui je ne pourrais pas m’entendre, comme Eulalie, toujours enjouée et qui ne pense en fait qu’à son bonheur. On sent d’ailleurs dans le film qu’elle est un peu à l’écart du groupe !

Quels sont les prochains projets des Films d’argile ?
Nous sommes toujours à la recherche d’un distributeur pour les Etudes… pour continuer de nous faire connaître. En parallèle,  j’attaque aussi bientôt le tournage d’un court métrage pour un festival à la Ciotat sur le thème du cri. Ce sera dans un registre complètement différent, dans un univers dévasté et violent proche de celui décrit par La route de Cormac McCarthy, avec un casting essentiellement masculin. Clément est actuellement en Argentine pour tourner un documentaire pour la Fémis. Ces projets ne peuvent que nous aider à faire grandir Les films d’argile.

Marion Trémontels & Baptiste Gaubert - Etudes pour un paysage amoureux

By the way:
Retrouvez la critique complète d’Etudes pour un paysage amoureux.

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