Anticorps d’Antoine d’Agata – Le BAL

Antoine d'Agata: Anticorps - Affiche

Jusqu’au 14 avril, le photographe Antoine d’Agata vous invite à descendre dans les sous-sols du BAL pour confronter une fois de plus votre regard à celui du réel.
Le long d’un mur entièrement recouvert d’images, le photographe de l’agence Magnum expose série de corps décharnés, cadavres de guerres, prostitution dans des chambres glauques et silhouettes d’ouvriers, qu’il a trouvé au-delà des frontières des pays civilisés.

Antoine d'Agata: Anticorps - Le Bal

Ces visages flous et danses de corps et de la mort qui ne deviennent plus qu’ « anti-corps » (nom de l’exposition) se répondent comme en écho sur les quatre murs de la salle pour offrir à notre regard d’occidental la vision d’un monde déliquescent qui a  abandonné toutes valeurs sociales et morales pour mieux vivre au rythme de leurs simples besoins primaires et pulsions. Ce n’est qu’en passant ce premier choc frontal qui résonne à l’œil comme un cri sourd de douleur et de terreur, qu’on repère, au milieu de ce flot de clichés organiques, tout le travail effectué autour d’une série particulière, cultivant l’art du flou et de la netteté pour mieux y retrouver des références à notre imaginaire collectif. L’ensemble de photos autour des charniers, notamment, fait ressentir une étrange fascination au moment où la silhouette de cadavres se mêle à celle de la terre et des gravats. Ashes to ashes, dust to dust…

Antoine d'Agata: Anticorps

Une salle supplémentaire vient compléter la vision de ce mur d’images avec la diffusion du film Atlas du photographe où des voix off de femmes sur fond noir témoignent de leurs misère et souffrance tout en restant conscientes des codes pervertis de leur microcosme.

Peu ou presque aucun cartel n’accompagnent cette série d’images tant elles sont laissées à libre interprétation, même si on devine dans cette superposition de regards qu’Antoine d’Agata vient opposer cette obscénité physique à celle, sociale et intellectuelle de notre société de consommation.

Antoine d'Agata: Anticorps

By the way :
– Cette visite courte mais intense mais peut être approfondie à partir 14 mars jusqu’au 27 avril à la galerie Les filles du calvaire pour mieux percevoir le regard si particulier de ce grand nom de la photographie documentaire contemporaine.

– Et des Anticorps à l’Antiviral, il n’y a qu’un pas qu’on peut aisément franchir en allant voir au cinéma le film issu de la progéniture de Cronenberg, fable horrifique sur les déviances de notre société soumise à la chirurgie plastique. Bientôt chroniqué dans ces colonnes.

Antiviral, de Brandon Cronenberg

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